Qui est Saint-Georges?ST=Qui est Saint-Georges
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Très peu est connu avec certitude sur l'homme lui-même. Notre première source, Eusèbe de Césarée, qui écrivit c. 322, décrit un soldat issu d'une famille noble, mis à mort sous les ordres de l'Empereur Dioclétien à Nicodème (ancienne ville du nord-ouest de l'Asie Mineure située près du Bosphore en Turquie contemporaine) le 23 avril 303. Aucune mention n'est faite de son nom, de son pays ou du lieu de sa sépulture. Selon les Actes apocryphes de Saint-Georges, dont diverses versions existent dans l'église de l'Orient depuis le cinquième siècle, Georges, qui possédait le grade de tribun dans l'armée impériale romaine, fût décapité par Dioclétien pour avoir dénoncé la persécution des chrétiens par l'Empereur. Rapidement, Georges fût vénéré dans tout le monde chrétien comme l'incarnation de la défense des pauvres et des démunies, ainsi que de la foi Chrétienne.
Saint-Georges est un personnage principal de l'un des plus grands poèmes de la littérature anglophone, Faerie Queene (1590 et 1596) de Spencer. Il apparaît dans le premier Tome comme le chevalier Redcrosse, protecteur de la Vierge. Sous cette optique, il peut aussi être perçu comme l'église anglicane, soutenant la monarchie d'Elizabeth I: But on his breast a bloody Cross he bore La légende de Saint-Georges et du dragon a connu un second souffle pendant la Contre-réforme. Les explorations en Afrique, en Inde et en Amérique, des régions qui jadis étaient présentées sur les cartes comme peuplées de dragons, étaient perçues comme de nouvelles cibles pour les efforts des missionnaires religieux et Saint-Georges fût, encore une fois, évoqué comme exemple de l'affrontement du danger pour le bien de l'église. Entre temps, l'auteur protestant, John Bunyan (1628-88), évoquait cette même légende dans le combat entre Christian et Apollyon dans son roman allégorique, Le Voyage du pèlerin (1679 et 1684). Revenons à l'ère moderne, où Baden-Powell, fondateur du scoutisme, choisit Saint-Georges comme patron des scouts. Le jour de la fête de Saint-Georges, les scouts sont priés de ne pas oublier la promesse et la loi scoutes. Dans Scouting for Boys, Baden-Powell raconte que les chevaliers de la table ronde « avaient comme patron Saint-Georges, car il était le seul chevalier parmi tous les saints. Il est le saint patron de la cavalerie, d'où le mot chevalier. »
Encore aujourd'hui, Saint-Georges est vénéré dans de nombreux endroits, par des membres de plusieurs métiers et par des personnes souffrant de certaines maladies. Par exemple, il est vénéré en Aragon, en Catalogne et en Géorgie, dont il est le saint patron, en Lituanie, en Palestine, au Portugal, en Allemagne et en Grèce; à Moscou, à Istanbul, à Gênes et à Venise (surpassé seulement par Saint Marc). Il est le saint patron des soldats, de la cavalerie et de la chevalerie; des fermiers et des agriculteurs, des scouts et des bouchers; des chevaux, des cavaliers et des selliers; ainsi que des personnes souffrent de la lèpre, de la peste et de la syphilis. En particulier, il est le saint patron des archers, ce qui donne une pertinence à ces quelques vers célèbres de la pièce de Shakespeare, Henri V, Acte 3, Scène 1, l. 31:
Références
H.Delehaye, Les legendes grecques des saints militaires, Paris 1909 I.H.Elder, George of Lydda, 1949 E. Hoode, Guide to the Holy Land, Jerusalem 1962 G.J.Marcus, Saint George of England, 1939 Jacobus de Voragine, The Golden Legend : Readings on the Saints, Tr. William Granger Ryan, 2 vols (Princeton: Princeton University Press, 1993) |


